Alcool, tabac, obésité menacent la vie des Européens - Photo : © Thinkstock

Article publié sur 20 minutes par la rédaction de 20 minutes et agences, le 14 janvier 2015.

« L’analyse d’une série d’études englobant plus de 400.000 personnes montre que les individus qui travaillent plus de 48 heures par semaine, soit au dessus du seuil d’une directive européenne sur le travail, ont une plus grande probabilité de s’engager dans une consommation à risque pour leur santé. Une trop grande consommation d’alcool, en l’occurence (lire encadré en pied d’article).

Les données individuelles montrent, notamment, que les personnes qui travaillent de 49 à 54 heures par semaine, ou celles dont le travail hebdomadaire s’étend sur 55 heures ou plus, ont un risque accru du même ordre (13% et 12% respectivement) d’abuser de l’alcool, par comparaison à des employés travaillant 35 à 40 heures par semaine. Et, en conclusion de cette étude parue dans The British Medical Journal (BMJ), les experts mettent en contre ce double excès qui est, sans surprise, préjudiciable à la santé.

Travail et santé publique

Les longues heures de travail ont, en effet, déjà été liées auparavant à un risque accru de maladies cardiovasculaires, d’accidents du travail et des problèmes de santé mentale, notent les auteurs. D’ailleurs, selon les chercheurs, cette recherche pourrait donner un nouvel élan à une nouvelle réglementation du temps de travail au titre de la santé publique. Les experts évoquant «la pression croissante» pour exclure une proportion grandissante de travailleurs des normes actuelles qui limitent les heures de travail en Europe et dans d’autres pays développés.

Alcool et chômage

L’augmentation de la probabilité de développer des habitudes de consommation à risque en raison d’un excès de travail est faible dans l’absolu, mais justifie un examen attentif relève dans un commentaire, Cassandra Okechukwu de l’Ecole de santé publique d’Harvard (Etats-Unis).

Avoir un travail est associé d’ailleurs avec une fréquence moindre de consommation d’alcool et de plus grandes chances de guérir d’un abus d’alcool que lorsque l’on est au chômage, ajoute-t-elle. Néanmoins, le risque soulevé par cette dernier recherche, réalisée par une équipe internationale, englobant 14 pays développés (l’Allemagne, l’Australie, la Belgique le Canada, le Danemark, l’Espagne, les Etats-Unis, la France, la Finlande, le Japon, ou Taïwan, etc.), doit «être pris au sérieux».

Consommation à risque

Selon la norme, une consommation à risque d’alcool correspond à plus de 14 boissons alcoolisées par semaine pour une femme et plus de 21 pour un homme, note les auteurs. La référence pour une boisson est généralement l’«unité» d’alcool, soit 10 grammes d’alcool pur, correspondant à un verre standard (verre de bistrot ou de bar), comme par exemple un petit verre de whisky (3 centilitre ou cl), un verre de vin (10 cl à 12°) ou une chope de bière (25 cl à 5°). »