Mieux vaut une nuit courte qu'un sommeil haché - Photo : © iStockPhotos

Article publié sur Top Santé par Catherine Cordonnier, le 3 novembre 2015.

« La qualité du sommeil est plus importante que la quantité. Avoir des nuits entrecoupées de réveils a plus d’effets négatifs sur l’humeur que des nuits trop courtes.

Selon les chercheurs de l’Université Johns Hopkins de Baltimore (Etats-Unis), se réveiller à plusieurs reprises au cours de la nuit est plus préjudiciable pour l’humeur qu’avoir la même quantité de sommeil raccourci, mais sans interruption.

Pour cette étude, publiée dans la revue professionnelle Sleep, les chercheurs ont recruté 62 adultes en bonne santé, soumis de façon aléatoire en milieu hospitalier à trois types de sommeil différents pendant trois nuits consécutives : soit une nuit avec réveils forcés, soit un endormissement tardif soit une nuit complète.

Une forte variation de l’humeur dès la 2e nuit

Les participants soumis à huit réveils forcés et ceux qui se sont couchés tard ont montré une faible humeur positive et une forte humeur négative similaires après la première nuit, (mesurées avec un questionnaire d’évaluation de l’humeur). On a demandé aux participants d’évaluer à quel point ils ressentaient une variété d’émotions positives ou négatives, comme la colère ou la gaité. Mais des différences ont émergé dès la deuxième nuit. Par rapport à la première journée, le groupe d’éveils forcés a eu une baisse de 31% de son humeur positive, tandis que le groupe au coucher tardif avait une baisse de 12%.

« Quand votre sommeil est perturbé toute la nuit, vous n’avez pas la possibilité de progresser dans les cycles de sommeil pour obtenir la quantité de sommeil profond qui a un rôle réparateur pour l’organisme« , explique le professeur Patrick Finan, auteur principal de cette étude et professeur adjoint de psychiatrie et de sciences du comportement à l’Ecole de médecine de l’Université Johns Hopkins. Bien que cette étude ait été menée sur des personnes n’ayant pas de problèmes de sommeil, le Pr Finan affirme que les résultats s’appliquent aussi à ceux qui souffrent d’insomnie.

« L’humeur dépressive est un symptôme fréquent de l’insomnie, a déclaré le médecin, mais les raisons biologiques en sont mal comprises ». Pour découvrir le lien, les chercheurs de John Hopkins ont utilisé un test appelé polysomnographie pour contrôler certaines fonctions du cerveau et du corps pendant le sommeil.

Comparé au groupe avec heure de coucher retardé, le groupe d’éveils forcés avait de courtes périodes de sommeil profond à ondes lentes. Or, le manque de sommeil à ondes lentes a un lien statistiquement significatif avec la réduction de l’humeur positive. Ils ont également constaté que le sommeil interrompu réduisait non seulement le niveau d’énergie, mais aussi les sentiments de sympathie et de convivialité. »