Le ventre, deuxième cerveau

Article publié sur Metronews par Clara Saer, le 18 novembre 2015.

« MEDICAMENTS – Les traitements antibiotiques ne sont pas à prendre à la légère. Une nouvelle étude montre qu’ils peuvent laisser des traces sur la flore intestinale et cela jusqu’à un an après la prise.

On ne le répétera jamais assez : les antibiotiques ne doivent pas être pris pour un oui ou pour un non. Ils doivent être réservés à des situations exceptionnelles, des pathologies infectieuses particulièrement tenaces en l’occurrence.

Si on savait déjà que ces molécules prises en trop grandes quantités présentaient chez le sujet des risques de résistance à leur efficacité dans le futur, on savait également que les antibiotiques pouvaient altérer la flore intestinale, c’est pourquoi on recommandait d’associer leur prise à la consommation de probiotiques. Une nouvelle étude de l’université d’Amsterdam vise à démontrer que cette altération pourrait perdurer jusqu’à un an dans l’organisme. Explications.

► Méthodologie: 66 personnes en bonne santé observées
Des cobayes recrutés en Suède et au Royaume-Uni ont été regroupés en deux groupes. L’un s’est vu administrer un placebo, l’autre l’une des 4 molécules antibiotiques des plus courantes : (clindamycine, ciprofloxacine, amoxicilline et minocyclinee). Une seule prise a suffit. Des prélèvements de salive et de matières fécales ont été faits avant l’essai clinique, puis tout de suite après la prise d’antibiotique ou de placebo et enfin un, deux, quatre et douze mois après le début de la phase d’observation.

 ► Ce qui a été observé : la flore intestinale fortement impactée
Si les bactéries concentrées dans la salive présentaient un haut degré de résistance aux antibiotiques il n’en allait pas de même pour les bactéries résidant dans le colon. La diversité des bactéries composant la flore intestinale était très réduite même 4 mois après la prise dans le groupe auquel avait été administré la clindamycine et le même phénomène était observé jusqu’à 12 mois plus tard dans le groupe qui avait consommé de la ciprofloxacine. De plus, les gènes qui ont été observés dans les situations de résistance aux antibiotiques étaient plus nombreux chez les patients qui avaient consommé les médicaments actifs.

► Ce qu’il faut en conclure : la prise d’antibiotiques n’est jamais anodine
Comme le dit le slogan « les antibiotiques, c’est pas automatique. » C’est plus que jamais vrai. Entendons-nous bien, si votre médecin vous prescrit un traitement antibiotique, prenez-le mais n’en abusez pas à chaque coup de froid. Vous savez désormais que cela constitue un dernier recours. Et surtout, protégez votre intestin en misant sur les probiotiques pour aider votre flore intestinale à se restaurer. Yaourts, légumineuses, céréales complètes et agrumes peuvent vous aider à rétablir l’équilibre. »