Un stress, même modéré, pourrait diminuer la maîtrise de soi (Image d'illustration) crédits : cc-Bhernandez

Article publié sur Allodocteur par La rédaction d’allodocteurs.fr, le

« Une pointe de stress et les bonnes résolutions s’envolent… Pour arriver à ses conclusions, une équipe de recherche suisse a mis 51 volontaires face à un choix cornélien. Les cobayes, divisés en deux groupes, avaient le choix entre une nourriture goûteuse mais peu saine et une nourriture plus saine mais moins affriolante. Une partie des volontaires avait subi « une méthode induisant un stress modéré » expliquent les chercheurs. Un traitement de choc qui consiste à tremper la main des participants trois minutes dans de l’eau glacée.

Résultat : le groupe stressé était plus tenté par la junk food. Tous les volontaires ont été choisis par les chercheurs car ils tentaient de conserver un mode de vie sain, fait de sport et d’alimentation équilibrée. Pourtant, en trois minutes, le stress aurait anéanti tous leurs efforts… Selon les scientifiques, le stress pousserait à la recherche d’une gratification et d’un plaisir immédiat…et tant pis pour les conséquences à plus long terme.

Des mécanismes encore flous

La maîtrise de soi reste néanmoins hétérogène selon les personnes. Car le stress n’affecte pas tout le monde de la même manière, rappellent les chercheurs. Ce dernier peut intervenir dans de nombreux circuits neuronaux pour en modifier le fonctionnement.

Si les mécanismes impliqués restent flous, les chercheurs ont observé des différences de connexion entre certaines régions cérébrales chez le groupe stressé. Leur stress pourrait en réalité « griller » les réseaux impliqués dans la maîtrise de soi, en altérant les voies neuronales. Mais ces modifications n’étaient néanmoins pas liées à une production directe de l’hormone du stress, le cortisol. Elles variaient plus en fonction du stress perçu par les participants.

Cette rupture du self-control n’aurait pas uniquement des conséquences sur l’alimentation, mais aussi sur l’envie de parier de l’argent ou de se tourner vers des produits toxiques. Sous le coup du stress, le cerveau évaluerait moins bien les méfaits à long terme, pour se concentrer sur une « récompense immédiate« . Une hypothèse plausible, au vu de la fonction naturelle et évolutive du stress… A l’origine, il permet la mise en place d’une réponse rapide et efficace pour assurer sa survie ou celle de son groupe. Preuve que le stress peut également, à un certain degré, être utile. »