Un homme fume une cigarette électronique, le 12 septembre 2013 à Paris - Franck Fife AFP

Article publié sur 20 minutes par 20 minutes avec agences, le 22.01.2015.

« Après l’étude japonaise affirmant que les vapeurs absorbées par les fumeurs d’e-cigarettes contiennent souvent du formol, considéré comme favorisant les cancers, voici une autre étude, américaine cette fois, venant une nouvelle fois accabler la cigarette électronique, d’ores et déjà interdite aux mineurs.

Selon les chercheurs de l’Université d’Etat de Portland (Oregon, nord-ouest), chauffée au maximum et aspirée profondément, la vapeur contenant de la nicotine dans les e-cigarettes peut former du formaldéhyde, une substance qui les rend cinq à 15 fois plus cancérigènes que le tabac.

Plus de formaldéhyde que dans les cigarettes conventionnelles

Des experts qui ont utilisé une machine à «inhaler» de la vapeur de cigarettes électroniques à faible et haut voltage pour déterminer comment le formaldéhyde, un cancérigène connu, se forme à partir du liquide composé de nicotine, d’agents chimiques aromatisant, de propylène-glycol et de glycérine.

Dans une lettre parue dans la dernière édition du New England Journal of Medicine (NEJM), les chercheurs expliquent n’avoir constaté aucune formation de formaldéhyde quand la machine, fonctionnant à faible voltage (3,3 volts), chauffait normalement le liquide qu’on trouve dans le réservoir des e-cigarettes dotées d’une résistance alimentée par une pile électrique. Mais quand le liquide était beaucoup plus chauffé (avec 5 volts), le taux de formaldéhyde qui se formait alors était largement plus élevé que ceux trouvés avec la combustion des cigarettes conventionnelles.

14 milligrammes de formaldéhyde par jour

Ainsi un consommateur de cigarettes électroniques qui inhale chaque jour l’équivalent de trois millilitres de ce liquide vaporisé chauffé au maximum, absorbe quelque 14 milligrammes de formaldéhyde. En comparaison, une personne qui fume un paquet de cigarettes papier par jour absorbe environ trois milligrammes de ce cancérigène.

Sur le long terme, l’inhalation de 14 milligrammes (+ ou – trois mg près) de cette substance nocive chaque jour pourrait multiplier par 5 à 15 fois le risque de cancer, selon de précédentes études.

Mais…

Reste que selon Peter Hajek, directeur de la division sur le tabagisme à la faculté de Médecine et de dentisterie de Londres, cette recherche ne reflète pas la réalité. Car «quand les fumeurs de cigarettes électroniques surchauffent le liquide cela produit un goût âcre désagréable. Ils évitent donc de le faire».

L’expert, qui n’a pas participé à cette étude, estime toutefois que si la vapeur de cigarette électronique n’est pas aussi sûre que l’air pur des montagnes, elle est toutefois bien moins nocive que la cigarette conventionnelle. Pour rappel, selon une récente étude Ipsos, un Français sur cinq avait déjà testé la cigarette électronique, et plus de 1,5 million de vapoteurs sont recensés en France.

Il y a un an tout juste, la Haute autorité de santé (HAS) expliquait que «la cigarette électronique n’est pas recommandée à ce jour, mais son utilisation n’est pas découragée». Et ajoutait ne pas avoir «assez de données scientifiques sur son efficacité et son innocuité». Depuis les études se sont multipliées, accablant tour à tour cette e-cigarette devenue (trop rapidement?) incontournable. Cependant, Cédric Grouchka, membre du collège de la HAS, indiquait déjà dans ses recommandations «qu’il existe des substances toxiques dans les vapeurs d’e-cigarettes, mais que les avis convergent pour dire que les toxiques présents sont en quantité extrêmement moins forte que dans la vapeur de cigarettes classiques».