Interview Dr Gilles Mondoloni – Les raisons du mal de dos

Mal de dos - Photo : Ian Hooton/Science Photo Library / Photononstop

Interview Dr Gilles Mondoloni – Les raisons du mal de dos

Dr Mondoloni

Interview du Dr Gilles Mondoloni publiée sur Le Figaro Santé par Martine Betti-Cusso le 27 février 2015.

 » Le médecin ostéopathe et acupuncteur, Dr Gilles Mondoloni nous parle du mal du siècle, le mal de dos. Il prône un traitement global pour prévenir et guérir de ce mal. Les habitudes de vie, le stress ou l’alimentation sont aussi responsables.

LE FIGARO MAGAZINE – Pourquoi souffre-t-on du dos?

Dr Gilles MONDOLONI – Parce que nous sommes de plus en plus sédentaires, nous faisons peu de sport et ce déconditionnement à l’effort a pour effet d’affaiblir les muscles. Il y a aussi les postures inadéquates et une alimentation favorable à la prise de poids et nuisible aux articulations. De plus, nous vivons avec un stress répété qui participe à la survenue du mal de dos et à sa chronicisation. Enfin, il y a l’usure des disques et des articulations consécutive au vieillissement… L’état de notre dos reflète notre hygiène de vie et notre santé psychique et physique.

Toutes les tranches d’âges sont affectées, des enfants aux seniors…

Les enfants et les adolescents peuvent ressentir des douleurs dans le dos dues à une croissance rapide et à la pratique de sports intenses. Il s’agit le plus souvent de spondylolisthésis, ce qui correspond à une petite fracture de la dernière vertèbre lombaire suivie de son glissement sur celle située au-dessous. Lorsque les douleurs se situent en haut du dos, derrière les omoplates, ce peut être la maladie de Scheuermann, laquelle se caractérise par une altération des disques. Elle se traite notamment par des exercices de rééducation.

Et quels sont les problèmes les plus fréquents chez l’adulte?

Eux souffrent de discopathies. Les problèmes de disques dont font partie les lumbagos (fissure du disque intervertébral), les hernies discales (déplacement d’une partie des disques intervertébraux) et les sciatiques (compression d’un nerf) apparaissent autour de la quarantaine. Le senior, lui, sera atteint plus souvent d’arthrose, ce qui entraînera des douleurs localisées dans le dos et limitera ses mouvements. Mais il faut savoir que les maux de dos les plus fréquents sont les tensions musculaires, souvent liées à des facteurs de stress et à des mauvaises positions lesquels vont provoquer des contractions musculaires qui vont bloquer des pans entiers du rachis.

Comment diagnostiquez-vous l’origine d’un mal de dos?

Je commence par questionner mon patient sur ses antécédents, sur sa manière de vivre, sur les circonstances d’apparition de ses douleurs, sur le cheminement de son mal de dos. Ce qui me permet de connaître son hygiène de vie, ses faiblesses et les causes probables de son mal de dos. Puis je l’examine. En croisant les informations obtenues par l’interrogatoire et l’examen clinique, et sans recourir systématiquement à des radios, scanners ou IRM, j’aboutis à un diagnostic précis. Ceci est fondamental: on ne doit pas traiter un mal de dos sans en connaître précisément la cause. La plupart du temps, le mal provient d’un ensemble de facteurs où se mêlent les habitudes de vie, l’émotionnel, l’alimentation. C’est une erreur que de ne s’attacher qu’aux symptômes. On doit considérer le patient comme un tout et soigner autant la cause que la conséquence du mal.

Comment les facteurs psychologiques, le stress ou l’anxiété agissent-ils sur le dos?

Il y a différentes explications. Les muscles sont riches en terminaisons nerveuses, et lorsque le cerveau «en situation de stress», transmet trop d’informations aux nerfs, ils se trouvent alors saturés. Le muscle va y répondre par une crispation, une contraction musculaire, qui peut être la cause d’une douleur locale ou d’une douleur projetée. Et l’état de stress chronique favorise les poussées inflammatoires sur les articulations par la libération dans le sang de substances inflammatoires. Il suffit d’avoir un peu d’arthrose et d’être stressé pour que les articulations se mettent à exprimer une souffrance. »