Fatigue chronique - Photo : © iStock

Article publié sur Top Santé par Agathe Mayer, le 04 mars 2015.

« Le syndrome de fatigue chronique est en voie d’être mieux comprise par les chercheurs. Cette maladie serait en effet une maladie biologique, indentifiable par des marqueurs sanguins, selon les résultats d’une nouvelle étude scientifique américaine.

La fatigue chronique ne serait pas une maladie physiologique, mais bien une pathologie biologique, selon les résultats d’une étude publiée dans la revue médicale Science Advances. Elle serait identifiable par des marqueurs dans le sang et évoluerait en suivant plusieurs étapes.

Ces recherches sont extrêmement encourageantes, car ce syndrome (SFC) était jusqu’à présent non diagnosticable et terriblement handicapant pour les malades.

Le syndrome de fatigue chronique est un état de fatigue chronique et répétée qui ne diminue pas après le repos et qui souvent n’a pas de cause identifiée. La fréquence de cette maladie a été estimée par l’OMS entre 0,1% et 3%. Il cause aussi des maux de tête, des difficultés à se concentrer et des douleurs musculaires.

Les chercheurs de la Mailman School of Public Health, de l’Université Columbia (Etats-Unis) ont analysé les niveaux de 51 marqueurs du système immunitaire dans le plasma de 298 malades et de 348 personnes en bonne santé.

Les scientifiques ont découvert que le sang des patients atteints de la maladie depuis trois ans ou moins comportait des niveaux plus élevés de molécules nommées cytokines.

En revanche, le sang des patients ayant contracté la maladie depuis plus de trois ans ne présentait pas ce niveau de cytokines.

« Le lien semble inhabituellement fort avec une cytokine appelée « interferon gamma », liée à une fatigue qui suit beaucoup d’infections virales », explique Mady Hornig, professeur associé en épidémiologie à la Mailman School et principal auteur de l’étude. « On dirait que les malades atteints de SFC sont frappés de plein fouet par les cytokines jusqu’à la troisième année environ. A ce moment-là le système immunitaire montre des signes d’épuisement et les niveaux de cytokine chutent », conclut Mady Hornig.

« Nous avons maintenant la confirmation de ce que des millions de gens atteints de cette maladie savaient: la SFC n’est pas psychologique », affirme Mady Hornig.« Nos résultats devraient accélérer le processus pour établir un diagnostic, et permettre de découvrir de nouveaux traitements en se concentrant sur ces marqueurs sanguins », se félicite-t-elle. »