Bientôt une contraception masculine ?

Article publié sur Santé Magazine par Clara Ousset-Masquelier, le 13.10.2015.

 » Il est d’usage de dire – et de constater – que la contraception est d’abord une affaire de femmes, puisque ce sont elles qui portent les enfants. Les choses pourraient bien changer d’ici quelques années.

Des chercheurs de l’université d’Osaka, au Japon, ont fait une découverte intéressante concernant la contraception au masculin. Cette découverte, comme le raconte Pierre Barthélémy auteur du blog « Passeur de Sciences » sur Le Monde.fr, s’est faite totalement par hasard, en étudiant des médicaments immunosuppresseurs censés assurer la bonne prise d’une greffe.

Des spermatozoïdes moins mobiles

De façon très résumée, on peut dire que les médicaments immunosuppresseurs, testés sur des animaux, ont des conséquences sur la maturation et la fabrication de spermatozoïdes. C’est l’inhibition d’une protéine présente dans les spermatozoïdes – la calcineurine – qui rend ces spermatozoïdes non pas moins nombreux, non pas inexistants, mais moins mobiles et incapables de passer la barrière naturelle de l’ovule qu’est la zone pellucide.

Il est bien évident que les chercheurs ne recommandent pas de prendre des immunosuppresseurs à haute dose pour leur effet contraceptif, et ils travaillent désormais sur une molécule à l’action beaucoup plus ciblée.

Des freins psychologiques

15 % de la gent masculine utilisent le préservatif, 3 % ont recours au retrait et la vasectomie concerne 0,2 % des hommes. C’est dire que la contraception masculine n’est pas rentrée dans les mœurs, et qu’elle est pour le moment une affaire de femmes.

Cette pilule contraceptive pour les hommes pourrait changer la donne, puisqu’elle présente un avantage de taille : son action est réversible, les chercheurs ayant constaté un retour “à la normale” quelques jours seulement après la fin du traitement. Pas d’action traumatisante ou définitive comme peut l’être la vasectomie. On estime que cette pilule pourrait être aboutie d’ici quatre à cinq ans. »