Remédier à la chute de cheveux

Corinne Jouanique, dermatologue à Paris, répond aux questions de Quintonic.

« – À partir de quand s’inquiéter en matière de chute de cheveux ?

« C’est tout à fait normal de perdre ses cheveux. Nous avons en permanence 80 % de cheveux qui poussent et 20 % qui tombent. La chute considérée « normale » varie d’un individu à l’autre, mais aussi selon les saisons. Il y a une période de chute en automne et une autre au printemps.

Il faut consulter si la chute saisonnière dure plus de trois mois, ou lorsqu’elle est trop importante [plus de 100 cheveux par jour, ndlr] et quand la peau du cuir chevelu est visible. »

– Les produits dits anti-chute que l’on trouve dans le commerce peuvent-ils résoudre le problème ?

« L’efficacité en terme de repousse des produits que l’on trouve couramment dans le commerce n’est pas forcément prouvée, mieux vaut donc ne pas en attendre grand-chose. Par exemple, les shampooings anti-chute n’ont jamais démontré une quelconque efficacité, d’autant plus qu’on les garde trop peu de temps sur le cuir chevelu.

Les compléments alimentaires, de type vitamines, acides aminés soufrés ou gélatine, ont eux une certaine efficacité. Faites une cure durant la saison de chute, pour en limiter la durée.

Surtout, arrêtons de croire que se laver les cheveux en provoque la chute. Quand un cheveu est sale, il faut le laver, d’autant plus que l’excès de sébum et les pellicules ont une influence sur la chute de cheveux. »

– Quelles sont les causes de la chute de cheveux pathologique ?

« Chez la femme, une chute diffuse, c’est-à-dire trop importante, peut intervenir suite à des changements hormonaux ou nutritionnels. C’est pourquoi les femmes observent souvent une chute importante après l’accouchement ou pendant un régime strict.

La chute pathologique, ou alopécie androgénétique, se manifeste par une repousse plus fine des cheveux sur le dessus de la tête, jusqu’à ce que la peau soit visible. Elle peut-être d’origine hormonale, soit du fait d’un excès d’hormone masculine, soit d’une trop forte sensibilité aux changements hormonaux. Chez l’homme l’alopécie androgénétique est aussi la conséquence d’hormones et peut aboutir à une calvitie. »

– Quels traitements peut proposer le dermatologue ?

« Pour une chute diffuse, on va s’assurer qu’il n’y a pas de carence et y remédier le cas échéant. Pour une alopécie androgénétique, on va chercher à savoir si le problème est hormonal. Si c’est le cas, un traitement hormonal sera prescrit. Les hommes ont d’ailleurs un traitement qui leur est réservé et qui agit sur l’hormone DHT. Il est efficace, bien qu’il puisse influer sur la libido, mais cet effet secondaire disparaît à l’arrêt du traitement.

Si la cause n’est pas génétique, on va opter pour un traitement local vasodilatateur. Il permet une repousse et un épaississement du cheveu. Par contre, l’arrêt du traitement doit se faire de manière progressive. » »